Les Jeudi des archives _ Développement urbain dans le centre-ville

Le développement urbain dans le centre-ville

 

 

Ce jeudi, le service des Archives vous fait redécouvrir le développement urbain dans le centre-ville, avec notamment la rénovation de l’ancien quartier de la Boucherie.

 

Les premières initiatives de construction d’Habitation Bon Marché (HBM) sont privées : les grands industriels créaient la Société d’HBM du canton de Saint-Chamond qui va notamment réaliser les cités ouvrières Chavanne-Brun ou la Cité des Hongrois.

 

L’Office public d’HBM est lui créé en 1930 par le maire Antoine Pinay. Il désire aérer la ville en démolissant les taudis du centre-ville et reloger les habitants dans des habitats modernes et décents.

 

Les premiers HBM sont construits entre 1932 et 1933 sur une ancienne propriété de la famille Dugas (rue Jean et André Dugas) puis étendus à la rue James Condamin. 195 logements avec le confort moderne de l’époque (cabinet de toilette sans douche, eau courante, évier et poêle industriel) sortent de terre. Il faudra tout de même attendre 1993 pour que les lieux soient modernisés avec notamment la fin du chauffage au charbon.

 

Les contraintes financières étant très fortes, on choisit donc une architecture simple et très normalisée. Les grandes industries de l’époque (notamment la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine) participeront financièrement à ces programmes de construction.

 

Un nouveau programme d’HBM est lancé en 1939 rue Jeanne d’Arc pour la construction de 80 logements suivi par les Fours Banaux, derniers programme d’HBM sur la commune, dans les années 50.

 

Les HBM, devenu médiocre, sont remplacés par les Habitats à loyer modéré (HLM) : on privilégie de grands ensembles avec une grande densité verticale et un faible extérieur et les immeubles ne suivent plus les rues.

 

L’exemple le plus marquant de ce réaménagement urbain et la restructuration totale de l’ancien quartier de la Boucherie. La rénovation du quartier, classé insalubre en 1954 (environ 70% des logements étaient malsains avec la moitié sans eau courante et 75% sans WC intérieur), est confiée par Antoine Pinay à l’Office publique d’HLM doit se dérouler en 2 phases.

 

La première phase, entre 1963 et 1965, consiste à démolir des anciennes masures et à réaliser plus de 300 logements. Les habitants sont relogés dans les premières opérations de grands ensembles réalisées aux Châtelard (80 logements en 1961) et à Lavieu (106 logements en 1963) sur du foncier industriel. La seconde, de 1966 à 1975 doit s’étendre de l’ancienne place du Treyve à la place de la Liberté. 313 logements et 71 activités économiques sont démolis et 260 nouveaux logements sont réalisés. La municipalité a recours à des procédures d’expropriation très onéreuses qui la poussera à stopper l’opération (la place de la Liberté sera exclue du périmètre).

 

En parallèle, le Ministre de la construction confie à Claude Delfante, un architecte lyonnais la réalisation d’un plan d’ensemble, destiné à remodeler le centre-ville : il prévoit une destruction complète de la ville ancienne (de Lavieu à l’Hôtel-Dieu hors bâtiments patrimoniaux) et une reconstruction avec de grands ensembles.

 

Ce plan ne sera pas réalisé dans son intégralité faute de moyens mais aussi parce que de nouvelles directives ministérielles vont promouvoir la conservation et la réhabilitation de l’habitat ancien. Ainsi, Saint-Chamond a pu conserver une partie de son patrimoine architectural ancien.

 

Le square Croix Gauthier et son aménagement est un vestige de ce plan.