Gestion des espaces verts : dans le respect de la nature

À l’image de la campagne toute proche, la ville de Saint-Chamond dispose d’un patrimoine naturel important et diversifié. En plus des nombreux parcs arborés, elle propose de grands et beaux espaces verts en ville. Afin d’entretenir et de mettre en valeur ce capital environnemental, le service municipal des Espaces verts s’est résolument engagé dans une démarche de gestion durable des espaces paysagers. Une volonté qui se traduit, au quotidien, par une recherche de méthodes de travail respectant nature et bio diversité.

En août 2018, la Ville recevait la visite du jury du Label Villes et Villages fleuris. À l’issue de cette visite, Saint-Chamond se voyait attribuer une Troisième fleur, symbole des efforts accomplis en matière d’amélioration globale du cadre de vie et de l’environnement.
Cette distinction vient récompenser la politique municipale de fleurissement, le savoir-faire des jardiniers municipaux, ainsi que les actions des habitants. Mais pas seulement. L’obtention de la Troisième fleur prend également en compte des domaines aussi divers que la politique durable mise en place par la Ville (recherche d’économies d’eau, travail sans pesticides, valorisation des déchets verts, entretien raisonné des espaces verts), la prise en compte du végétal dans les projets d’aménagements urbains, la mise en valeur des éléments patrimoniaux… Autant de domaines qui structurent le travail du service Espaces verts.

Une gestion différenciée des espaces verts

Le service municipal gère, tout au long de l’année, une centaine d’hectares sur la commune. Ces espaces sont composés des parcs, des cours d’écoles, des alignements d’arbres sur les trottoirs, des ronds-points, des parkings…
Ces dernières années, le service a vu de nouvelles parcelles lui être confiées, comme la gestion du parc Novaciéries. Afin d’entretenir au mieux ces zones, à la fois fragiles et symboliques, le service a mis en place une gestion différenciée des espaces verts. Les parcelles sont classées en trois catégories d’entretien selon leur situation géographique, leur superficie, leur végétalisation… Ce mode de gestion permet de mettre en œuvre l’entretien le plus adapté à chaque parcelle, tout en favorisant la limitation de l’intervention humaine et le développement de la bio-diversité.
Les catégories se répartissent ainsi :

  • Les espaces horticoles. Ce sont les parcelles qui participent à la valorisation de la commune. Elles sont situées sur les axes stratégiques et sont très fréquentées comme les entrées de ville ou les parcs d’ornement (Nelson-Mandela ou Labesse). Ces espaces bénéficient d’un entretien régulier avec un fleurissement renouvelé deux fois par an avec des espèces cultivées dans les serres municipales, de tontes régulières avec ramassage si nécessaire, d’ irrigation.
  • Les espaces paysagers. Ce sont des espaces plus « écologiques » avec un entretien moins soutenu, l’intervention humaine y est moins nécessaire. Les pelouses ne sont pas irriguées, les déchets de tonte sont laissés sur place (technique du mulching), ils sont plantés avec des espèces pérennes et plus rustiques (vivaces, rosiers arbustes).
  • Les espaces champêtres. Ces zones sont souvent plus étendues et situées en périphérie de la ville (parcs de Fonsala ou de Novaciéries, découverture du Gier au Creux). On y laisse la nature s’y exprimer pleinement. Elles servent donc de réservoir à biodiversité. Elles sont plantées majoritairement en espèces ligneuses locales (arbres, arbustes, rosiers). 
Un patrimoine arboré important et surveillé

La Ville possède sur son territoire plusieurs milliers d’arbres, aussi bien composés en alignements structurés, ou en port libre dans les parcs. Les plantations récentes permettent d’intégrer de nouvelles essences diversifiant la palette végétale. Leur gestion s’effectue à deux niveaux :

  • pour des raisons fonctionnelles (élagage en raison de la proximité de façades, réseaux aériens, passage de bus ou de poids lourds), 
  • pour des raisons sanitaires (élagage pour supprimer des zones parasitées, dépérissantes, équilibrer le port de l’arbre).

Afin de préserver cet héritage naturel, le peuplement est surveillé très régulièrement par les équipes sur le terrain. Les élagueurs municipaux interviennent principalement durant la période hivernale. Un élagage en vert (pendant la période de végétation) est aussi réalisé pour supprimer les branches mortes, et suivre l’évolution des sujets les plus vulnérables.
Tout arbre « suspect » est immédiatement signalé pour être expertisé. « Nous sollicitons également régulièrement l’Office National des Forêts (ONF) pour recueillir un avis extérieur de spécialiste. » explique Yoan Cichy, responsable du Service Espaces verts. « La décision d’abattre un arbre n’est jamais prise à la légère. » ajoute-t-il.
Au préalable, un diagnostic approfondi est réalisé pour déterminer tous les paramètres pouvant permettre de maintenir et préserver l’arbre.
La seconde phase de la gestion du patrimoine arboré concerne le renouvellement des arbres. Un renouvellement pensé sur le long terme pour garantir une pérennité dans la végétalisation des espaces publics et la diversification des espèces. Globalement, le ratio entre arbres abattus et arbres replantés est de 1 pour 3 à l’échelle de la commune. Pour un arbre abattu, trois sont replantés à Saint-Chamond. Il permet de remplacer les peuplements dépérissants et d’arborer de nouveaux sites.

De nouvelles places arborées

La Ville s’est lancée dans une importante opération de rénovation de ses places.
Le projet englobe une revégétalisation importante de ces espaces publics avec de nouvelles plantations d’arbres et de massifs. Le service municipal des Espaces verts a été associé à ce projet. Il a été sollicité pour évaluer le volume de fosse nécessaire à la bonne croissance des nouveaux arbres, ou encore choisir les essences de végétaux à replanter. Un choix dicté par les volumes aériens et souterrains disponibles, permettant un développement harmonieux en limitant les nuisances visuelles. Le service a également insisté pour garantir une diversification importante des essences.
Une décision qui favorise une esthétique variée et limite les risques d’épidémie. Afin de garantir la meilleure acclimatation possible des arbres au milieu urbain, les sujets plantés sont la plupart du temps des jeunes pousses de taille modeste. Un choix effectué pour assurer un meilleur développement des essences dans le futur. Si à court terme, cela peut manquer de volume, c’est un moyen qui permet d’avoir plus de certitudes quant à la bonne croissance des végétaux. 
Enfin, la sélection des variétés est aussi effectuée en prenant compte de l’évolution climatique. Les essences sont alors testées pour résister aux épisodes caniculaires ou aux périodes de sécheresse prolongée.
La palette végétale s’adapte aux différentes places. Ainsi, sur le square Mendès-France, des plantes vivaces, des arbustes et des arbres rustiques ont été privilégiés. Sur l’esplanade de l’Hôtel-Dieu qui représente une surface importante, plus de 600 m2 de plantations vivaces et d’arbustives ont été replantés. 20 arbres (poiriers à fleurs, lilas des Indes, magnolias et zelcovas) vont rapidement apporter de la verdure à ce bel espace public. Les nouveaux arbres vont proposer un dégradé de différentes tailles avec des fleurissements étalés dans le temps.
La plantation récente de féviers d’Amérique, d’érables, de savonniers et de micocouliers vont, dans les années qui viennent, verdir et embellir la place Nationale d’Izieux. Il faudra en effet quelques mois pour que ces essences se développent et donnent tout leur potentiel naturel. Toujours en travaux, la place de la République à La Valette bénéficiera bientôt de plantations qui vont transformer son esthétique. Aux plantations d’espaces verts au sol, s’ajoute la plantation de tilleuls et autres érables qui vont, très vite, égayer cette place de village et mettre en valeur le nouvel aménagement.

Une démarche respectueuse

Les pratiques paysagères représentent un enjeu fort dans la politique environnementale de la commune.
Depuis des années, le service municipal des Espaces Verts a fait du développement durable une de ses priorités. Le service est complètement passé au zéro phyto dans l’entretien des espaces verts et des serres. C’està-dire qu’il n’utilise plus aucun produit chimique dans les parcs et jardins pour lutter contre les insectes nuisibles ou les mauvaises herbes.
Une évolution qui s’est traduite par un changement des pratiques, avec une recherche de nouvelles méthodes de travail :

  • la gestion de l’eau est beaucoup plus stricte que par le passé, avec l’emploi de techniques d’irrigations raisonnées (goutte à goutte), le paillage systématique des plantations…
  • le désherbage est désormais effectué au moyen de méthodes alternatives (thermiques, mécaniques, manuelles), Un intérêt particulier est apporté au recyclage des déchets verts, déchets de tonte ou résidus de taille et d’élagage.

Le service réutilise et revalorise une grande partie des restes végétaux. Bien souvent, les déchets de tonte ne sont pas ramassés et demeurent sur les pelouses, apportant ainsi des nutriments aux plantes et pelouses. Les résidus de branches sont broyés et utilisés comme paillage des massifs, arbres et arbustes, un bon moyen de conserver l’humidité des sols, d’apporter un amendement naturel aux végétaux et de limiter la croissance des mauvaises herbes. Les feuilles mortes sont réutilisées pour la fabrication d’un terreau maison. Le personnel du service possède dans ce domaine un savoir-faire assez original. Il fabrique donc un terreau d’excellente qualité qui est utilisé dans les serres ou sur les massifs pour « booster » la croissance des plantes. Le tout à moindre coût, en utilisant les déchets verts et en revalorisant une matière locale.

Une lutte contre les nuisibles réalisée de manière naturelle

Pour lutter contre les parasites ou les nuisibles, la Ville emploie également des méthodes durables sans produits chimiques. Depuis des années, la lutte intégrée est employée dans les serres. C’est-à-dire que des « insectes dits auxiliaires » sont dispersés dans les serres pour répondre aux attaques des nuisibles. Par exemple, des coccinelles sont utilisées lors de l’apparition de cochenilles farineuses et des aphidius (petites guêpes parasites) pour celles des pucerons.
De la même manière, en ville, le service lutte contre les nuisibles de manière naturelle. Le tigre du platane est combattu grâce à un champignon qui est pulvérisé sur les arbres. Pour les chenilles processionnaires, les agents interviennent en hiver pour supprimer les nids dans les arbres et installent des collerettes pour limiter la descente des chenilles.